L’étude de la Fondation Descartes, menée en collaboration avec notre association, analyse la manière dont les Françaises et les Français perçoivent le changement climatique, s’informent sur le sujet et évaluent son traitement médiatique. Elle repose sur une enquête réalisée en septembre 2025 auprès d’un panel représentatif de 3 907 personnes âgées de 18 ans et plus. Les résultats sont comparés à ceux d’une étude équivalente menée à l’été 2022.
Un constat central : La couverture médiatique du climat ne remplit toujours pas pleinement sa fonction d’information du public
Malgré certaines évolutions positives depuis 2022, la couverture médiatique du climat ne remplit toujours pas pleinement sa fonction d’information du public. Si les Français se déclarent globalement un peu moins insatisfaits du traitement médiatique du climat qu’il y a trois ans, cette évolution ne s’accompagne pas d’une meilleure compréhension des causes, des conséquences et des leviers d’action face à la crise climatique.
L’étude met en évidence des carences persistantes dans la compréhension de la crise climatique, qui constituent un frein majeur à la capacité d’agir pour l’atténuation et l’adaptation.
- Moins d’une personne sur deux (46,3 %) se déclare absolument convaincue que nous sommes en train de vivre un changement climatique global.
- Les Français sont moins nombreux qu’en 2022 à considérer que le changement climatique est essentiellement causé par les activités humaines (48,8 % en 2025, contre 54,9 % en 2022).
- Ils sont également moins nombreux à être totalement convaincus de la gravité de ses conséquences (47 % en 2025, contre 51,4 % en 2022).
Par ailleurs :
- Un tiers des répondants ne se sentent pas suffisamment informés par les médias sur les causes du dérèglement climatique.
- Seule une personne sur deux estime être suffisamment informée sur ses conséquences.
- Moins d’un répondant sur deux juge que les médias les informent suffisamment sur les mesures permettant d’y faire face.
De manière marginale mais statistiquement significative, plus les répondants déclarent se sentir suffisamment informés sur les causes et les conséquences du changement climatique, moins ils ont tendance à reconnaître le rôle des activités humaines et la gravité de ses impacts. Ce paradoxe interroge la nature et la qualité de l’information délivrée.
Parler plus de climat ne fait pas fuir l’audience
Contrairement à une idée répandue, les résultats de l’étude montrent qu’il n’existe pas de risque avéré de perte d’audimat si les médias parlent davantage de climat.
- En 2025, 35,2 % des personnes interrogées estiment que les médias ne parlent toujours pas suffisamment du changement climatique.
- Moins d’un Français sur deux (46,7 %) se sent suffisamment informé sur les mesures individuelles et collectives à mettre en œuvre pour y faire face.
- Les critiques les plus largement partagées portent sur un traitement jugé insuffisamment pédagogique, concret, rigoureux et orienté vers les solutions.
La critique d’une information trop anxiogène ou catastrophiste existe, mais elle est nettement moins consensuelle dans la population, étant moins présente à gauche et plus présente à droite. Ces résultats sont très proches de ceux observés en 2022.
Autrement dit, la population apparaît davantage en attente d’une information climatique plus assumée, approfondie et engageante que d’un maintien de la place actuelle accordée au sujet.
Un public prêt à être accompagné dans la transition
Les résultats montrent pourtant que les Françaises et les Français sont prêts à être mieux informés sur les transformations à opérer.
- Seuls 17 % estiment que le progrès technique et les innovations scientifiques permettront, à eux seuls, de résoudre la crise climatique.
- Une large majorité (59,2 %) considère que la limitation du dérèglement climatique passera avant tout par une modification importante de nos modes de vie.
Cette vision, cohérente avec le consensus scientifique, souligne l’importance d’un accompagnement médiatique fondé sur des repères scientifiques solides, des reportages concrets et des explications pédagogiques des changements à venir.
Les médias traditionnels bénéficient par ailleurs d’un niveau de confiance élevé : 59 % des répondants les considèrent comme une source digne de confiance pour fournir une information fiable et de qualité sur le dérèglement climatique, juste derrière la communauté scientifique.
Repenser le traitement médiatique du climat
Ces résultats devraient inciter les médias à repenser leur traitement du climat afin d’en renforcer la rigueur et la portée informative. Plusieurs pistes se dégagent :
- réduire la place accordée aux formats de débats polarisants, souvent peu adaptés à la compréhension de sujets complexes ;
- renforcer la pédagogie, la contextualisation et l’explication des consensus scientifiques ;
- accorder une place centrale aux solutions, aux politiques d’atténuation et aux scénarios de transition, comme ceux proposés par l’ADEME ;
- assumer une parole journalistique claire sur les enjeux de décarbonation, sans se substituer à l’expertise scientifique mais en la valorisant.
La liberté éditoriale ne doit pas aller à l’encontre du droit à l’information environnementale et de la capacité des citoyennes et citoyens à se déterminer librement sur l’avenir de nos sociétés.
Conclusion
En définitive, si la perception du traitement médiatique du climat s’est légèrement améliorée depuis 2022, cette évolution ne s’accompagne pas d’un renforcement de la compréhension des enjeux climatiques par le grand public. La couverture médiatique du climat ne remplit donc toujours pas pleinement sa fonction d’information.
Les Françaises et les Français demeurent intéressés par le sujet, font confiance aux médias traditionnels et sont majoritairement conscients de la nécessité de transformations profondes de nos modes de vie. Les conditions sont réunies pour une information climatique plus ambitieuse, plus rigoureuse et plus utile à l’action.
Retrouvez ici le lien vers l’étude
Retrouver ici l’analyse et les recommandations de l’association Analyse couverture médiatique des enjeux climatiques
Retrouvez ici le webinaire de présentation avec les slides.